Sur les routes escarpées du Lot, un cycliste au look singulier ne passe pas inaperçu. Benoît Mathieu, 27 ans, pédale à travers la France avec un drapeau « Cap 500 signatures » accroché à son vélo. Son objectif : réunir les 500 parrainages d’élus nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle de 2027. De passage dans le département du 4 au 7 août 2026, il a rencontré plusieurs maires pour leur présenter une démarche aussi originale que militante.
Un tour de France à vélo pour décrocher 500 parrainages
Depuis le 30 mars 2026, Benoît Mathieu a troqué son quotidien sédentaire pour une aventure hors normes. Il parcourt l’Hexagone à raison de 80 à 100 kilomètres par jour, avec pour seul bagage son vélo chargé de matériel de camping et de cuisine. Son périple, qui doit s’achever le 12 mars 2027, coïncide avec la date limite de dépôt des parrainages à l’élection présidentielle.
Le candidat cible en priorité les mairies sans étiquette politique, estimées à environ 26 000 en France. Son argument : ces élus locaux, souvent éloignés des appareils partisans, incarnent une forme de proximité que les grands partis ont perdue. À chaque étape, il sollicite un rendez-vous pour expliquer son projet, sans pression ni promesse.
- 30 mars 2026
Départ de Chauffailles en Saône-et-Loire, avec un vélo chargé de camping.
- 4 au 7 août 2026
Passage dans le Lot, rencontres avec sept maires.
- 12 mars 2027
Fin du périple et date limite pour déposer les parrainages.
- Objectif
500 signatures d'élus ; déjà 31 confirmées.
Dans le Lot, une étape décisive
Entre le 4 et le 7 août 2026, Benoît Mathieu a posé ses roues dans le Lot, où plusieurs maires lui ont ouvert leurs portes. À Rocamadour, Gintrac, Floirac, Creysse, Esclauzels, Cénevières ou encore Saint-Sozy, il a pu échanger sur les réalités du terrain. Jean-Philippe Gavet, maire de Saint-Sozy, a insisté sur l’importance d’une telle rencontre : habituellement, les sollicitations arrivent par courrier. Ici, le candidat prend le temps d’écouter les élus, ce qui relève selon lui d’un principe démocratique fondamental.
Le jeune homme repart de chaque entretien avec des notes, des idées, et parfois des promesses de parrainage. Sur l’ensemble de son périple, il comptabilise déjà 31 parrainages confirmés et les carnets d’adresses bien remplis.
- 🏛️ Jean-Baptiste Jallet, maire de Rocamadour
- 🏛️ Olivier Frégeac, maire de Gintrac
- 🏛️ Alexandre Barouilhet, maire de Floirac
- 🏛️ Guy Floirac, maire de Creysse
- 🏛️ Dominique Leturcq, maire d’Esclauzels
- 🏛️ Pascal Grouwet, maire de Cénevières
- 🏛️ Jean-Philippe Gavet, maire de Saint-Sozy
Un parcours atypique, de l’agroalimentaire à la présidentielle
Rien ne prédestinait ce jeune ingénieur en agroalimentaire, originaire de Villeurbanne et installé à Chauffailles en Saône-et-Loire, à se lancer dans la course à l’Élysée. Après avoir enseigné les mathématiques en collège et en CAP comme contractuel, il découvre un déclic politique lors de la réélection d’Emmanuel Macron en 2022. « Moins de 10 millions de voix au premier tour, cela signifie que 80 % des Français n’ont pas voté pour lui. Pour moi, c’est très antidémocratique », confie-t-il.
Plutôt que de rester spectateur, Benoît Mathieu décide de s’engager. Il apprend qu’il suffit de réunir les fameuses 500 signatures pour être candidat. Ni parti, ni réseau, ni financement : il mise sur la sincérité du contact humain et la force du symbole. Un choix radical qui l’oblige à repenser entièrement son mode de vie.
Une démocratie plus participative comme fil conducteur
Le candidat ne porte pas un programme klé en main, mais une conviction : les citoyens doivent être associés aux décisions qui les concernent. Il défend le développement des conventions citoyennes, la multiplication des référendums locaux et une décentralisation accrue au profit des régions et des communes. « J’en ai marre de voter pour des gens qui décident à notre place », lance-t-il dans sa vidéo de lancement.
À l’appui de son discours, il cite l’exemple du maire de Floirac, confronté à plus de 50 % de résidences secondaires sur sa commune, sans pouvoir agir sur la fiscalité. Un cas concret qui illustre la nécessité de redonner du pouvoir aux élus de terrain.
Une campagne hors des partis, à l’écoute des citoyens
Fidèle à sa ligne, Benoît Mathieu refuse de créer un mouvement politique ou de rallier une formation existante. « Un parti, c’est comme une chapelle, on s’auto-renforce dans sa propre façon de penser », explique-t-il. Il revendique une démarche gaullienne, en rappelant que Charles de Gaulle avait lui-même conçu la Constitution de 1958 pour en finir avec le régime des partis.
Dans la pratique, ce choix se traduit par une immersion totale. Le cycliste dort dans les campings, les jardins de particuliers ou en camping sauvage. Il roule souvent seul, parfois accompagné de sa compagne, de ses parents ou d’amis venus partager quelques kilomètres. Son drapeau devient un outil de dialogue : les curieux l’abordent, posent des questions, consultent ses réseaux sociaux.
Un succès déjà mesurable ?
Au moment de son passage dans le Lot, Benoît Mathieu avait déjà rencontré 160 maires, dont 130 lui ont laissé leur numéro de téléphone personnel. Une dynamique encourageante, portée par les réseaux sociaux où sa communauté ne cesse de s’élargir. Son compte @cap_500_signatures cumule des milliers d’abonnés sur YouTube, TikTok, Instagram et Facebook, transformant chaque étape en un mini-événement participatif.
Cette visibilité lui permet d’échanger avec des citoyens et des collectifs bien au-delà des mairies. « La réflexion est en cours, une dynamique se met en place », assure-t-il, convaincu que sa démarche dépasse déjà la simple course aux parrainages.
Jusqu’au 12 mars 2027, le compte à rebours
Il reste encore des milliers de kilomètres à parcourir et des centaines de maires à convaincre. Benoît Mathieu espère terminer son tour de France le 12 mars 2027, date butoir pour le dépôt des signatures. D’ici là, il continue de pédaler, d’écouter et de prendre des notes, avec l’espoir un jour de troquer son cuissard contre le costume d’un candidat officiel.
Vous pouvez suivre son aventure au jour le jour sur les réseaux sociaux, où chaque étape est documentée avec sincérité. Peut-être le croiserez-vous sur une route de France, chargé de rêves et de détermination.
Ce vélo qui veut changer la politique
Pourquoi un tour à vélo pour des parrainages ?
Il espère que le contact direct fera la différence. Les maires reçoivent surtout des courriers, lui prend le temps de discuter.
Il en est où exactement ?
Il a 31 parrainages confirmés après plusieurs mois de route. Il lui en faut encore 469.
Qui peut lui donner sa signature ?
Seuls les élus habilités peuvent parrainer, notamment les maires. Il vise surtout les communes sans étiquette, environ 26 000 dans l'Hexagone.
Et après, il fait quoi s'il n'y arrive pas ?
Sa route s'arrête le 12 mars 2027, date limite des dépôts. Sans les 500 signatures, il ne sera pas candidat, mais le voyage restera une aventure politique.
Une expérience qui contredit l'article ? On adore
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Journaliste de formation, Amandine couvre l’actualité généraliste depuis plus de dix ans. Passée par la presse régionale et le web, elle creuse les sujets de société autant que les faits divers. Elle croit au journalisme de terrain, concret et sans filtre.
6 commentaires
Merci Amandine pour ce reportage. Une belle démonstration que la démocratie, comme un bon levain, a besoin de temps et de rencontres authentiques.
Bonjour Amandine, quel périple ! J’imagine les muscles endoloris, mais quelle belle manière de rencontrer les élus. Bravo pour ce reportage.
Beau projet ! En passant par Rocamadour, j’espère qu’il a savouré un bon cabécou pour reprendre des forces.
Belle initiative ! Pédaler pour rencontrer les élus, c’est plus authentique que les tracts numériques.
Un périple silencieux qui résonne plus fort que bien des discours.
Belle initiative pour réveiller les campagnes. Cependant, 80 km/j avec un tel chargement, j’espère qu’il a fait l’étude de fatigue des matériaux !