« Incroyable mais vrai ! » : naissance d’un Duo Paysan en banlieue parisienne
Dans une cour d’immeuble aux murs tagués entre Saint-Denis et Aubervilliers, deux frères jumeaux ont transformé des bacs en bois recyclé en un patchwork de salades, d’herbes et de fleurs comestibles. On les appelle désormais les Jumeaux Cultivateurs, un Duo Paysan qui a troqué les trajets en RER contre des allers-retours entre toits, friches et jardins partagés. Leur pari intrigue autant qu’il inspire : faire pousser un Vrai Terroir en cœur urbain, là où l’on ne l’attendait pas.
Leur déclic remonte à un atelier scolaire où un jardinier associatif avait montré la germination de graines de radis. Le geste était simple, mais le résultat immédiat. En quelques jours, les deux frères avaient vu la terre se peupler. Ils ont alors multiplié les essais sur un balcon exposé plein sud, puis dans un local de copropriété ; une voisine âgée leur a prêté ses arrosoirs, un gardien d’immeuble les a aidés à récupérer des palettes. À chaque récolte, une partie finissait chez des voisins, l’autre dans de petites cagettes vendues au marché de la gare. C’est là qu’est né le surnom : Les Jumeaux Jardiniers.
La suite s’est écrite dans le quotidien. Trois toits-terrasses ont été sécurisés avec l’aide de la mairie, une friche a été testée sur 600 m², puis un conteneur maritime a été converti en ferme verticale. Les habitants ont vu grandir un projet qui leur ressemble. Loin des clichés, la Banlieue Verte s’est racontée à travers des saisons, des composts qui chauffent l’hiver et des salades croquantes cueillies à la fraîche. Les jumeaux ont créé une micro-marque, Paris Urbanfarm, pensée comme un label de quartier : traçabilité, prix honnêtes, transparence.
De la dalle au sillon : étapes clés et habitudes locales
Chaque tournant a été ancré dans le tissu associatif : partenariat avec une AMAP de Saint-Ouen, distribution test dans une cantine à Montreuil, formation avec une ferme urbaine à Nanterre. L’objet du jeu n’était pas d’industrialiser mais de tisser : une économie courte, des emplois locaux, et une pédagogie constante. Leur force ? Être deux, synchrones, capables d’alterner production, logistique et relationnel.
- 🌱 Mise en culture de micro-pousses dans un conteneur isolé : récolte en 10 à 14 jours.
- 🚲 Livraison à vélo sur un rayon de 5 km : zéro émission locale et passage régulier chez les commerçants.
- 🤝 Ateliers hebdomadaires avec une maison de quartier : jardinage, compost, cuisine.
- 🧑🍳 Collab’ avec un chef de Saint-Denis : cartes saisonnières et fiches recettes partagées.
- 📲 Communication sobre via « Incroyable Agri » sur les réseaux : conseils et coulisses sans filtre.
Cette proximité a consolidé la confiance. Rien ne part loin, tout revient sous forme d’emplois d’appoint, de savoir-faire transmis et d’assiettes pleines de goûts francs. La banlieue n’est pas un désert alimentaire ; c’est un terroir en devenir.
| Avant 🌇 | Après 🌿 | Impact 💡 |
|---|---|---|
| Balcon de 6 m² | Réseau de toits et friches | + diversité et accès voisinage |
| Achat au supermarché | Récolte locale hebdo | + fraîcheur et moins de déchets |
| Temps libre dispersé | Planning partagé à deux | + fiabilité des livraisons |
| Peu de liens de quartier | Ateliers récurrents | + cohésion sociale |
Au fil des récoltes, le duo a appris à faire simple, efficace et lisible. Une phrase sert de boussole : « Pas d’illusion, du goût. »

Techniques de Banlieue Verte : Paris Urbanfarm et l’Art Agricole appliqué
Le cœur du système repose sur des techniques sobres, pensées pour la ville. Les jumeaux ont étudié les cycles courts et la gestion fine de l’eau. Dans le conteneur, des étagères en acier supportent des plateaux de micro-pousses. L’éclairage LED basse conso est calé sur un spectre adapté, piloté par un simple minuteur. En extérieur, les bacs sont paillés, arrosés au goutte-à-goutte, nourris par un compost issu des épluchures de commerces voisins.
Leur Art Agricole conjugue empirisme et méthode. Un carnet note les dates de semis, la germination, la texture du sol, la météo locale. Les erreurs deviennent des données. En 18 mois, la gestion de l’eau a chuté d’un tiers grâce au paillage et à la récupération des pluies sur un toit d’école. Voilà l’Agriculture Étonnante : pas de gadgets, mais des réglages précis, reproductibles.
Hydroponie de proximité, compost et sélection variétale
Tout n’est pas hors-sol. Les micro-pousses le sont, mais les légumes-feuilles et les aromatiques poussent en substrat vivant. Leur sélection variétale mêle classiques robustes et semences paysannes : roquette, mizuna, moutarde, basilic citron, persil plat sur deux cycles. La clé : l’adaptation à la lumière de façades et au vent des toits.
- 💧 Goutte-à-goutte gravitaire : économies d’eau sans pompe.
- 🌾 Paillage de miscanthus et BRF : sol frais et moins d’herbes indésirables.
- 🧪 Tests de pH bimensuels : stabilité de la solution nutritive.
- 🌬️ Brise-vent modulaires : feuilles intactes et moins d’évaporation.
- 🔁 Compost quartier : boucle locale avec 6 commerces partenaires.
| Culture 🌱 | Cycle ⏱️ | Rendement 📦 | Zone 🗺️ |
|---|---|---|---|
| Micro-pousses | 10-14 jours | 1,5-2 kg/m²/cycle | Conteneur isolé |
| Salades mixtes | 28-35 jours | 2-3 kg/m²/mois | Toit-terrasse |
| Herbes fraîches | 45-60 jours | 1-1,5 kg/m² | Bacs sur friche |
| Fleurs comestibles | 40-55 jours | 700 g/m² | Jardin partagé |
La rationalité ne tue pas la poésie. Des calendriers sont affichés à la craie, des semences partagées dans des bocaux étiquetés, et chaque plateau récolté porte le prénom de la personne qui l’a semé. Les voisins se reconnaissent dans ces gestes, les restaurateurs y trouvent une régularité précieuse.
Le partage d’expérience est constant : quand un plateau jaunit, un atelier s’improvise pour comprendre et corriger. Il n’y a pas de secret gardé, seulement des pratiques ouvertes qui renforcent la confiance.
Vrai Terroir en ville : circuits courts, cantines et marchés de quartier
La force d’un projet agricole urbain se mesure à sa capacité à nourrir sans détour. Ici, la distribution épouse la carte des habitudes : marchés de fin d’après-midi, cantines de collèges, stands éphémères dans des halls d’immeubles aux heures où les familles rentrent. Les jumeaux ont dessiné leur tournée comme on dessine une ligne de bus : cadence, points d’arrêt, retours à vide évités.
Des partenariats ont maillé la carte. Une AMAP de Saint-Ouen accueille chaque jeudi un panier « feuilles & herbes », des cafés de Pantin proposent un toast « Banlieue Bio » au pesto d’herbes locales, deux cantines testent une salade « Paris Urbanfarm » une fois par semaine. Les retours font évoluer l’offre : en hiver, plus de soupes et de herbes séchées, au printemps, explosion de feuilles.
Logistique fine et transparence des prix
Les prix sont affichés clairement, avec un objectif : rester accessibles tout en payant correctement l’effort. La fluctuation est limitée par une planification serrée. Un incident a néanmoins marqué les esprits : le site de commande a connu une panne un samedi matin, affichant un message « Une erreur est survenue… Code d’erreur : 0.c5b31402.1763369911.8fa59815 ». Plutôt que de se cacher, le duo a communiqué sur le canal « Incroyable Agri », proposant un point de vente direct sur la friche et un geste commercial. Résultat : plus de monde et une confiance renforcée.
- 🛒 Panier hebdo « feuilles & herbes » : 10 € en retrait local.
- 🏫 Offre cantine : portion salade 1,20 € intégrée au menu.
- ☕ Partenaires cafés : 6 adresses sur deux communes.
- 📦 Livraison pro à vélo : mardi et vendredi avant service.
- 📣 Info-lot : date de semis et de récolte sur chaque barquette.
| Canal 🚏 | Volume moyen 📊 | Prix moyen 💶 | Atout clé ⭐ |
|---|---|---|---|
| Marché local | 60-80 barquettes/jour | 3,50 € | Rencontre directe 😊 |
| AMAP | 40 paniers/semaine | 10 € | Engagement collectif 🤝 |
| Cantines | 200 portions/semaine | 1,20 € | Éducation au goût 🎒 |
| Restaurants | 15 kg/semaine | selon carte | Régularité pro 👨🍳 |
Cette lisibilité constitue un contrat moral : chacun sait ce qu’il paie et ce qu’il soutient. Les circuits courts redeviennent naturels, comme une promenade du samedi où l’on croise un visage connu derrière le stand.

Les Jumeaux Jardiniers et la jeunesse : ateliers, emplois et liens sociaux
Le jardin n’est pas seulement un lieu de production ; c’est un espace d’initiation. Chaque semaine, des jeunes des centres sociaux viennent toucher terre, comprendre l’odeur du compost, et repartir avec un bouquet d’aromatiques. Des professeurs d’EMC et de SVT ont intégré ces ateliers au programme, reliant citoyenneté, alimentation et écologie concrète.
Cette pédagogie prend différentes formes : chantiers participatifs, « permis d’arroser » pour les plus jeunes, temps d’observation sur les insectes auxiliaires. Les jumeaux ont aussi créé des mini-emplois saisonniers, rémunérant des missions de récolte et de préparation des lots. L’enjeu est clair : offrir une expérience positive de travail, avec des responsabilités, des horaires et des résultats tangibles.
Transmission, mentorat et fierté locale
Des duos de jeunes encadrent des bacs, apprennent à planifier un semis et à tenir un cahier. L’un d’eux a conçu une affiche « Banlieue Bio » pour le marché, un autre a programmé un petit outil pour calculer la surface utile des bacs. Cette circulation des compétences dessine une communauté où chacun trouve sa place, du design à la logistique.
- 👩🏫 Atelier « de la graine à l’assiette » : 2 h, avec dégustation.
- 🧑🌾 Emplois saisonniers d’été : 4 à 6 postes selon récoltes.
- 📚 Cahier de culture partagé : scan QR pour suivre les cycles.
- 🦋 Observations biodiversité : planche à insectes et cartes.
- 🎨 Affichage marché : signalétique créée par les jeunes.
| Action 🎯 | Fréquence 📅 | Participants 👥 | Effet mesuré 📈 |
|---|---|---|---|
| Atelier scolaire | hebdo | 15-25 élèves | + appétence légumes 🥗 |
| Chantier participatif | mensuel | 20 habitants | + lien social 🤲 |
| Emplois d’été | juin-août | 6 jeunes | + compétences pro 🧰 |
| Club biodiversité | bimensuel | 12 membres | + pollinisateurs 🐝 |
Ce cadre rassure les familles et donne de la visibilité aux jeunes. Beaucoup témoignent d’une fierté nouvelle en ramenant une salade cultivée à deux rues de chez eux. Les jumeaux parlent peu, montrent beaucoup ; leur pédagogie est une porte ouverte, pas un cours magistral.
Le bouche-à-oreille fait le reste : un proviseur appelle, un éducateur propose un nouveau créneau, un restaurateur demande un atelier sur la découpe des herbes. La dynamique s’auto-entretient.
Agriculture Étonnante et perspectives : 2025, défis, financements et régulations
Un projet qui grandit rencontre des défis. D’abord, la régulation des toits-terrasses et la charge maximale autorisée. Les jumeaux ont fait vérifier chaque structure, optant pour des bacs légers et des substrats adaptés. Ensuite, la qualité sanitaire : des protocoles de lavage, des zones propres et des fiches de traçabilité ont été mis en place, avec visites régulières des services municipaux.
Sur le plan financier, l’équation repose sur la diversité : ventes directes, petits contrats avec cantines, ateliers payants, et une enveloppe d’appels à projets régionaux. En 2025, un soutien municipal a permis d’isoler un second conteneur, condition pour stabiliser les volumes l’hiver. L’objectif reste mesuré : renforcer la résilience sans perdre l’âme du projet.
Conseils pratiques pour se lancer dans une Banlieue Verte
Pour d’autres habitants tentés par l’aventure, le duo partage une feuille de route simple et pragmatique. Elle favorise l’apprentissage par l’action et l’ancrage local, plutôt que la course aux équipements coûteux. Le mot d’ordre : commencer petit, mais visible.
- 🧭 Cartographier le quartier : toits, cours, friches, partenaires.
- 🪴 Tester avec 10 bacs : feuilles rapides et herbes pour l’effet immédiat.
- 🔍 Documenter chaque essai : dates, météo, rendements.
- 🤲 Tisser des liens : AMAP, écoles, cafés pour l’écoulement.
- 🧾 Clarifier la réglementation : toitures, hygiène, sécurité.
| Élément 🧩 | Coût estimé 💶 | Astuce locale 🪙 | Impact ⛳ |
|---|---|---|---|
| Bacs + substrat | 300–500 € | Palettes récup’ ♻️ | Surface test rapide |
| Semences | 80–150 € | Graines partagées 🤝 | Variétés adaptées |
| Arrosage | 120–200 € | Goutte-à-goutte 💧 | Économie d’eau |
| Matériel récolte | 100–180 € | Inox durable 🧼 | Hygiène maîtrisée |
Le plus grand capital n’est pas financier, mais relationnel. Un salut au gardien, une discussion avec le responsable cantine, un test avec un chef : c’est ce maillage qui protège le projet des aléas.
Incroyable Agri : récit, médias et ancrage d’un projet né dans la ville
Raconter sans embellir : tel est le fil rouge de « Incroyable Agri ». Le duo documente ses réussites et ses ratés, partage des vidéos de récolte matinale et des fiches variétales. Ce récit attire des bénévoles, rassure les partenaires, et montre que l’urbain n’est pas condamné à n’être qu’un décor minéral.
La narration a son importance : elle valorise des gestes modestes, replace les habitants au centre, et montre la continuité derrière l’exploit ponctuel. Les jumeaux ne dépeignent pas la banlieue comme un bloc ; ils parlent de rues, de squares, de halls d’immeubles. C’est ce grain fin qui donne de l’épaisseur au projet et le rend duplicable, quartier par quartier.
Outils de communication sobres, participation et confiance
Les supports sont simples : affiches sur les panneaux associatifs, newsletter mensuelle, petites vidéos didactiques. L’objectif n’est pas de devenir influenceurs, mais de garder une ligne claire. Les habitants veulent comprendre qui produit, comment, et à quel prix. Les restaurateurs veulent de la régularité, les cantines des garanties sanitaires. La communication répond à ces besoins concrets.
- 📰 Newsletter « Banlieue Verte » : calendrier, conseils, recettes.
- 🎥 Capsules « Jumeaux Cultivateurs » : 2 min par geste technique.
- 📍 Cartes « Paris Urbanfarm » : points de vente à jour.
- 📊 Fiches « Vrai Terroir » : origine, date, variété.
- 🗣️ Permanences marché : questions-réponses publiques.
| Média 📡 | Fréquence 🔁 | Objectif 🎯 | Résultat 🤩 |
|---|---|---|---|
| Newsletter | mensuelle | Info calendrier | + fidélité lecteurs ❤️ |
| Vidéos courtes | hebdo | Pédagogie | + demandes ateliers 🎒 |
| Affiches quartier | selon saison | Visibilité locale | + passage au stand 🚶 |
| Permanences | marché | Écoute | + confiance 🤝 |
Ce récit collectif ancre l’idée qu’une Agriculture Étonnante peut être ordinaire, répétable et profondément utile. Les plaques de béton deviennent des promesses de récolte, et la ville, un chemin vers la terre plus que son contraire.
Où trouver les points de vente des Jumeaux Cultivateurs ?
Les points de vente sont indiqués sur la carte « Paris Urbanfarm » distribuée sur les marchés et en ligne. Marchés de quartier, AMAP partenaires, cantines pilotes et quelques cafés affichent le macaron Banlieue Bio.
Comment participer aux ateliers en banlieue parisienne ?
Inscription via la newsletter Banlieue Verte ou directement sur les stands. Les ateliers sont ouverts aux écoles, associations et particuliers, avec quelques créneaux gratuits réservés aux jeunes du quartier.
Quels produits sont cultivés en priorité ?
Micro-pousses, salades jeunes, herbes fraîches et quelques fleurs comestibles. Les variétés changent selon la saison et la lumière disponible sur les toits et friches.
Est-ce plus cher que des légumes de supermarché ?
Les barquettes sont calibrées pour rester accessibles : une partie de l’offre est au prix du marché, avec une valeur ajoutée de fraîcheur et de traçabilité locales. Des tarifs solidaires existent via les partenaires.
Comment reproduire ce modèle dans un autre quartier ?
Commencer par un test de 10 bacs, créer une boucle de compost avec des commerces voisins, sécuriser un toit, et documenter chaque essai. Le secret : proximité, régularité et transparence.
Né à Saint-Denis, Karim donne la parole à la banlieue avec authenticité. Il met en avant les projets citoyens, les initiatives sociales et les voix souvent ignorées du Grand Paris.

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