Commerçants et associations unies à Dijon contre Shein : chronologie, arguments et voix locales
Autour du BHV de Dijon, ex-Galeries Lafayette du centre-ville, la mobilisation s’organise depuis plusieurs semaines avec une détermination qui surprend autant qu’elle fédère. Unis contre Shein, des militants écologistes, des syndicats, des collectifs citoyens et des consommateurs se sont retrouvés un samedi pluvieux, à quelques mètres de la future boutique, pour rappeler que le report de l’ouverture ne change rien au fond du problème. L’annonce d’une inauguration « repoussée de quelques semaines » n’a pas entamé leur énergie. Les prises de parole évoquent un modèle de « mode jetable » incompatible avec les engagements climatiques et la défense de l’industrie textile en France.
Ce rassemblement a réuni notamment des membres du Collectif éthique sur l’étiquette, de Solidaires 21, des Amis de la Terre Côte-d’Or, d’Oxfam et d’Attac 21. Les militants ont scandé des slogans de Stop Shein Dijon et de Dijon Contre Shein. La CLCV Côte-d’Or et Dijon Écologie ont aussi sonné l’alerte, en soulignant que la présence de magasins éphémères ou durables crée un effet d’appel pour une consommation exponentielle d’articles à bas prix et à rotation extrême. Les élus locaux observent de près, tandis que certains commerçants de la rue de la Liberté redoutent une érosion du panier moyen et une pression accrue sur les loyers.
Dans les témoignages entendus, une enseignante dijonnaise évoque « une arrivée injuste » d’enseignes dont les pratiques sociales sont massivement critiquées par les ONG. Un artisan-bottier du quartier des Halles explique, lui, que la bataille est culturelle : on ne peut pas gagner uniquement à coups d’arguments écologiques s’il n’existe pas, en face, un projet de mode désirable, réparable, durable, et socialement juste. Le Collectif Inacceptable Shein martèle que le cœur du sujet est la surproduction et la communication agressive qui pousse à acheter sans besoin réel. Dans le même temps, une partie du public attendait l’ouverture, preuve que la question du pouvoir d’achat pèse lourd dans les arbitrages quotidiens.
La direction immobilière concernée justifie le report par des aménagements techniques, quand les collectifs y voient une reculade tactique face à la pression de l’opinion. Le dossier a aussi pris une tournure juridique avec l’examen annoncé par le tribunal judiciaire de Paris d’une demande de suspension de l’activité en France. Les acteurs locaux rappellent, enfin, que le débat va au-delà d’une enseigne : il touche à la trajectoire d’un centre-ville en pleine transition, au maintien des savoir-faire et à la cohésion commerciale de l’agglomération.
Au fil des échanges, les mots-clés de la contestation s’installent dans le paysage dijonnais : Association Anti-Shein Dijon, Collectif Résistance Shein, Dijon Sans Shein, Voix contre Shein ou encore Solidarité Anti-Shein. Ils traduisent une chose simple : l’envie de reprendre la main, localement, sur ce qui entre en ville et sur la manière de consommer. L’ancrage régional se confirme : le débat n’est pas hors-sol, il se passe ici, dans les rues où l’on se croise chaque jour, là où s’écrivent les emplois d’aujourd’hui et de demain.
- 👥 Mobilisation inter-associative et intersyndicale renforcée
- 📅 Ouverture repoussée de « quelques semaines » mais contestation maintenue
- ⚖️ Démarche juridique en cours face au modèle de « fast fashion »
- 🛍️ Commerçants du centre-ville inquiets pour le panier moyen
- 🏷️ Mots d’ordre locaux: Dijon Contre Shein, Stop Shein Dijon, Dijon Sans Shein
| Acteur 🧭 | Position 📣 | Action menée 🛠️ | Objectif 🎯 |
|---|---|---|---|
| Associations écologistes | Opposition ferme | Rassemblements, communiqués | Limiter la fast fashion |
| Commerçants centre-ville | Inquiétude économique | Alertes aux élus | Préserver l’activité locale |
| Consommateurs | Divisés | Pétitions, débats | Pouvoir d’achat vs durabilité |
| Gestionnaires immobiliers | Pragmatisme | Travaux, négociations | Valoriser les emplacements |
La scène est posée : une ville moyenne influente, des valeurs bien ancrées, et une question simple qui ouvre la suite du débat local.

Fast fashion et impacts concrets à Dijon : environnement, conditions sociales et flux logistiques
Sur l’environnement, la critique porte d’abord sur la surproduction. Les associations avancent que des centaines de milliers de références tournent en flux tendu, entraînant des micro-séries, des réassorts express, et une démultiplication des transports. Chaque retour client, souvent gratuit, alourdit encore l’empreinte carbone. À l’échelle d’un centre-ville comme Dijon, l’installation d’une enseigne emblématique de cette logique semble, pour les militants, contredire les efforts récents de mobilités douces, de piétonnisation et de réduction des déchets textiles.
Sur le plan social, les ONG rappellent des rapports récurrents pointant des rémunérations très faibles et des rythmes de production extrêmes chez des sous-traitants. La Voix contre Shein locale insiste sur un besoin de traçabilité réelle : qui produit, où, et à quelles conditions. Les citadins rencontrés espèrent des contrôles renforcés au niveau européen, le déploiement d’un devoir de vigilance effectif et des sanctions applicables en cas de manquements. L’argumentaire citoyen, ici, est d’abord éthique : on ne veut pas habiller ses enfants en fermant les yeux sur la chaîne de fabrication.
La logistique soulève, elle aussi, des interrogations. Un magasin physique, même « pop-up », modifie les flux : collecte de colis, retours, rotation d’inventaire, livraisons plus fréquentes. Ces mouvements pèsent sur les axes du centre-ville, les parkings de livraison et les horaires de réception des marchandises. Les riverains demandent que la collectivité impose des contraintes claires, pour ne pas diluer les efforts déjà consentis par les autres commerces sur les fenêtres horaires et les normes de bruit.
Quand l’économie circulaire locale propose une autre histoire
À quelques rues de là, une couturière de Chenôve, décrite par ses clients comme méticuleuse et pédagogue, a relancé une activité d’upcycling. Ses ateliers affichent complet le samedi matin, preuve qu’une autre consommation est possible. Elle accueille étudiants, familles et retraités, et répare en une heure ce que d’autres jettent au premier accroc. En s’appuyant sur les friperies, les merceries et les créateurs de l’agglomération, elle montre qu’à Dijon, on peut être tendance sans sacrifier l’éthique.
Ce contre-modèle ne se nourrit pas seulement de valeurs ; il crée de l’emploi non délocalisable, soutient la transmission des savoir-faire et participe à l’attractivité touristique. Les visiteurs des Halles repartent souvent avec une pièce unique, un bouton ancien, un jean repris au bon endroit. C’est ainsi que la Solidarité Anti-Shein gagne en épaisseur : par la démonstration concrète que la qualité réparable, dans une ville de taille humaine, a du sens.
- 🍃 Priorité à la réduction des déchets textiles et au réemploi
- 🧵 Ateliers de retouche et upcycling accessibles à tous
- 🚲 Logistique douce en centre-ville (vélos-cargos, horaires apaisés)
- 📜 Exigence de traçabilité sociale vérifiable
- 🔁 Favoriser la réparation plutôt que le retour gratuit systématique
| Thème 🌍 | Constat local 🔎 | Solution praticable 🧩 | Bénéfice pour Dijon 💚 |
|---|---|---|---|
| Surproduction | Flux entrants/sortants élevés | Quotas d’approvisionnement | Moins de nuisances 🚚 |
| Conditions sociales | Traçabilité insuffisante | Audits indépendants | Confiance accrue 🤝 |
| Retours clients | Multiplication des trajets | Réparation locale | Emplois de proximité 🧑🏭 |
| Attractivité | Image ville durable en jeu | Charte éthique d’enseigne | Positionnement cohérent ⭐ |
Pour nourrir la réflexion, voici une sélection de vidéos explicatives et reportages liés au sujet.
La transition écologique du commerce n’est pas une théorie : elle se touche du doigt dans les rues pavées, à l’atelier et au comptoir, là où se gagne la confiance citoyenne.
Économie locale face à la fast fashion : emplois, loyers et panier moyen à Dijon
Le cœur de ville dijonnais a déjà connu des vagues de transformation : départ de grandes enseignes, retour de concepts indépendants, et montée des lieux hybrides mêlant restauration, artisanat et culture. L’arrivée d’un géant mondial du prêt-à-porter à prix cassés réinterroge ce fragile équilibre. Des commerçants de la rue de la Liberté craignent un effet d’ancrage sur les prix : quand le consommateur s’habitue à voir des robes à 9,99 €, le prix psychologique d’une pièce fabriquée localement grimpe et devient, d’un coup, « trop cher ».
Cette perception peut se traduire par une baisse du panier moyen sur les segments milieu de gamme, alors même que les charges fixes (loyer, énergie, salaires) continuent d’augmenter. Certains professionnels redoutent des renégociations de baux commerciaux où la valeur de flux promis par un mastodonte servirait de référence, tirant la barre trop haut pour les plus petites enseignes. D’autres y voient une opportunité d’augmenter le flux piéton et d’en capter une part, à condition de se différencier par l’expérience, la qualité et le service après-vente.
Un fromager des Halles raconte qu’il a survécu à l’essor des plateformes uniquement grâce à une ligne claire : parler métiers, proposer des dégustations, rappeler la saison et la provenance. Un maroquinier de la place François Rude a, lui, misé sur la réparation et la personnalisation ; il dit voir passer une clientèle qui « achète moins, mais mieux ». Dans ce contexte, les débats autour de Shein dépassent les clivages : il s’agit d’apprendre à coexister avec un acteur mondial tout en consolidant une identité commerciale locale forte.
Quels outils économiques pour les acteurs dijonnais ?
Plusieurs pistes existent. Les associations proposent un label municipal ou métropolitain « mode durable », destiné aux enseignes qui s’engagent sur des critères vérifiables : matériaux, réparabilité, transparence sociale, volume de retours. Les chambres consulaires peuvent soutenir les commerçants avec des diagnostics de vitrines et des parcours « seconde main » pour attirer une clientèle en quête de sens. Enfin, la collectivité peut encourager des loyers modulés pour des activités artisanales, via des conventions spécifiques.
Ces mécanismes ne sont pas anti-quelqu’un ; ils sont pro-territoire. Ils consistent à tirer vers le haut l’écosystème local et à donner au consommateur des repères clairs pour naviguer entre prix et valeur. Et si c’était là le vrai sujet ? Faire de Dijon une place de la mode responsable, de la retouche et de la créativité, plutôt qu’un simple carrefour de colis.
- 🧮 Lutter contre l’effet d’ancrage prix par l’éducation à la valeur
- 🏷️ Créer un label « mode durable Dijon Métropole »
- 🧰 Développer la réparation comme service différenciant
- 📍 Parcours « seconde main » signalés en ville
- 🤝 Aides ciblées aux commerces artisanaux stratégiques
| Mesure 💡 | Qui agit 🧑💼 | Effet attendu 📈 | Exemple local 🗺️ |
|---|---|---|---|
| Label mode durable | Métropole + CCI | Repérage facilité | Vitrine commune 🌟 |
| Loyers modulés | Bailleurs + ville | Maintien artisans | Rue piétonne 🧵 |
| Parcours seconde main | Office tourisme | Nouveau flux | Halles & Liberté 🧭 |
| Formation réparation | CFA + pros | Emplois locaux | Ateliers Chenôve 🔧 |
Pour éclairer ces enjeux, voici une autre ressource vidéo utile au débat citoyen.
Le centre-ville de Dijon peut rester vivant et singulier si chaque acteur, du bailleur au client, accepte de jouer la carte du long terme.
Mobilisation citoyenne à Dijon : collectifs, slogans et stratégies « inacceptable »
Les banderoles ont affiché la couleur : « Inacceptable ». Sous cette bannière, se rassemblent des groupes aux sensibilités diverses mais complémentaires. On y croise l’Association Anti-Shein Dijon, le Collectif Résistance Shein, des étudiantes regroupées sous la bannière Dijon Sans Shein, des militants de Les Insoumis de Dijon, des défenseurs du commerce de proximité et des acteurs de l’ESS. La force de cette mosaïque : une capacité à occuper le terrain pacifiquement, à documenter leurs propos et à faire résonner des Voix contre Shein auprès des habitants et des élus.
Le répertoire d’action est large. Au-delà des rassemblements, des ateliers sont proposés pour apprendre à vérifier l’étiquette, calculer l’empreinte d’un T-shirt ou remettre à neuf une fermeture éclair. Des juristes bénévoles expliquent les procédures de référé, les droits des consommateurs et les limites de chaque voie de recours. L’objectif est autant d’informer que de retisser des liens de quartier, afin que le débat ne glisse pas vers l’anathème mais reste pédagogique et ouvert.
Les slogans mis en avant – Stop Shein Dijon, Dijon Contre Shein, Collectif Inacceptable Shein – ont été pensés pour frapper l’imaginaire sans stigmatiser les clients. Les collectifs insistent : ce ne sont pas les personnes qui sont visées, mais un modèle de production et de vente qui banalise l’usage unique. Cette nuance compte dans une ville où le pouvoir d’achat est un sujet réel. L’enjeu : rendre désirables les alternatives, au lieu de culpabiliser.
Coordination, calendrier et alliances
La coordination entre associations a été facilitée par un canal commun et des réunions hebdomadaires. Les manifestations sont annoncées suffisamment en amont pour éviter tout doublon, et les organisations se partagent les rôles : logistique, création de supports, communication, médiation avec les forces de l’ordre. Les commerçants volontaires proposent des vitrines thématiques « réparer plutôt que jeter » pendant les pics d’affluence.
Les alliances dépassent le périmètre écologique. Les syndicats s’invitent dans la discussion sur les conditions de travail, les associations familiales se mobilisent sur l’éducation à la consommation et les centres sociaux montent des ateliers couture intergénérationnels. Cette transversalité fait la spécificité dijonnaise : une contestation argumentée, enracinée, et tournée vers des solutions concrètes.
- 📣 Slogans communs et bannière partagée « Inacceptable »
- 🗓️ Rassemblements coordonnés et déclarés
- 🧑⚖️ Ateliers juridiques sur les voies de recours
- 🪡 Ateliers couture et upcycling pour familles
- 🤝 Dialogue permanent avec commerçants et riverains
| Collectif 🤝 | Rôle clé 🧭 | Outil d’action 🧰 | Message phare 🗣️ |
|---|---|---|---|
| Association Anti-Shein Dijon | Coordination | Canal commun | Dijon Sans Shein 🙅♀️ |
| Collectif Résistance Shein | Création visuelle | Affiches, stickers | Stop Shein Dijon ✋ |
| Les Insoumis de Dijon | Relais politique | Tribunes | Unis contre Shein 🧡 |
| Collectif Inacceptable Shein | Médiation | Tables rondes | Voix contre Shein 📢 |
Cette dynamique citoyenne fonctionne parce qu’elle conjugue fermeté sur les principes et ouverture au dialogue : une addition précieuse pour la suite.
Ce que disent les Dijonnais : pouvoir d’achat, valeurs et habitudes d’achat en mutation
Les discussions dans les files d’attente des boulangeries et sur les quais du tram révèlent des arbitrages complexes. Des parents reconnaissent acheter « un peu de tout » selon le mois, alternant entre seconde main et fast fashion, au gré du budget. Une étudiante attendait l’ouverture, attirée par la cosmétique et les accessoires bon marché, mais dit vouloir « comprendre les critiques » avant de s’y rendre. Plusieurs habitants soulignent que le problème ne se résume pas à une enseigne : promotions agressives, retours gratuits massifs et influence en continu façonnent les réflexes d’achat dès le collège.
Des éducateurs apportent des solutions concrètes. En cours d’EMC, certains collèges ont mené des ateliers « prix juste » où l’on décompose le coût réel d’un vêtement : matière, confection, transport, marge, retours. Résultat : les élèves reconnaissent plus facilement la valeur d’un T-shirt localement sérigraphié, et comprennent pourquoi une réparation coûte ce qu’elle coûte. De tels exercices, soutenus par les associations et les artisans, changent le regard sans juger.
Les commerçants, eux, savent que l’expérience fait la différence. Un styliste de la Toison d’Or rapporte que l’essayage, le conseil et l’histoire de la pièce fidélisent davantage que la simple étiquette de prix. Il imagine des « jeudis de la retouche » en boutique, avec un artisan en résidence. Une friperie du quartier Montchapet a mis en place un rayon « reprise express » à petit prix pour retenir les jeunes clients. Ce qui fonctionne à Dijon : le contact humain, l’animation légère et la preuve tangible de la qualité.
Rendre lisible une autre façon d’acheter
La visibilité des alternatives demeure un défi. Les habitants demandent des cartes interactives recensant ateliers, friperies et créateurs, accessibles depuis le site de la Métropole. Ils réclament aussi une signalétique commune dans les rues commerçantes, pour ne pas traverser la ville sans savoir qu’à deux pas, un atelier répare un manteau en une heure. Les associations de Solidarité Anti-Shein se disent prêtes à animer des stands mensuels d’orientation « consommer malin, consommer durable ».
La clé de voûte, ici, c’est l’accessibilité. L’éthique ne doit pas devenir un luxe. Des tarifs sociaux pour les réparations essentielles, des bons d’achat « upcycling » pour les étudiants, et des mini-crédits à taux zéro pour l’équipement professionnel des jeunes artisans peuvent changer la donne. Dijon peut inventer sa méthode, fidèle à son tempérament : pragmatique, conviviale, et attachée au travail bien fait.
- 💸 Alternance entre prix bas et durabilité selon le mois
- 🏫 Ateliers « prix juste » dans les collèges
- 🪡 Résidences d’artisans en boutique
- 🗺️ Cartographie des alternatives locales
- 🎫 Aides ciblées pour rendre la réparation accessible
| Public 👤 | Frein principal 🧱 | Levier proposé 🔧 | Résultat visé ✅ |
|---|---|---|---|
| Étudiants | Budget serré | Bons upcycling | Moins de jetable 🎒 |
| Familles | Promos agressives | Ateliers « prix juste » | Achat raisonné 👨👩👧👦 |
| Commerçants | Loyers/charges | Aides ciblées | Pérennité locale 🏪 |
| Artisans | Équipement | Micro-crédits | Savoir-faire durable 🪚 |
Dans une ville où le lien social compte, rendre visible et abordable la durabilité peut faire basculer les habitudes sans braquer personne.
Des pistes d’action à l’échelle de Dijon : chartes locales, achats publics, formation et culture de la réparation
Face à un dossier devenu symbole, la tentation du bras de fer stérile est grande. Pourtant, Dijon a les moyens d’un plan d’action concret, qui dépasse l’événement et dessine une politique textile locale. Première brique : une Charte d’enseignes responsables pour les emplacements stratégiques, intégrant des critères mesurables (proportion de fibres durables, capacité de réparation en boutique, taux de retours maîtrisé, transparence de la supply chain). Cette charte, proposée aux bailleurs et aux réseaux, créerait un cadre clair, sans excès ni stigmatisation.
Deuxième brique : l’achat public. Les tenues de travail des services municipaux et intercommunaux peuvent intégrer des clauses de durabilité, de réparabilité et de proximité. L’effet signal serait puissant pour la filière régionale et cohérent avec les messages adressés aux habitants. Troisième brique : la formation. En soutenant des parcours courts de retouche, d’upcycling et de maintenance textile, Dijon ancre des emplois locaux et répond à une demande grandissante de services de réparation.
Quatrième brique : la culture. Festivals, expositions et défilés « seconde vie » valorisent les créateurs, les friperies, les merceries et les ateliers de l’agglomération. La programmation pourrait fédérer les Voix contre Shein et les curieux, autour d’un récit positif : celui d’une ville inventive qui valorise ce qu’elle produit. Cinquième brique : l’information. Des stands réguliers, en partenariat avec l’Association Anti-Shein Dijon et le Collectif Résistance Shein, guideraient le public à chaque saison des soldes.
Exemples concrets et feuille de route
Un « Pass Réparation » annuel, subventionné pour les jeunes et les bas revenus, donnerait accès à des remises chez les artisans référencés. Un « Observatoire local du textile » publierait des données trimestrielles : volume de retours, réparations, création d’emplois, part de seconde main. Des « résidences d’artisans » dans les médiathèques ajouteraient une dimension pédagogique, en racontant les étapes de fabrication d’un vêtement, de la fibre à la retouche.
Enfin, la relation avec les grandes enseignes doit rester exigeante et courtoise. La ville peut demander des engagements concrets aux opérateurs intéressés par ses emplacements, en veillant à la cohérence avec ses objectifs climatiques. Ce n’est pas un refus de principe ; c’est l’affirmation d’une ambition territoriale, partagée par une majorité d’acteurs : faire de Dijon une capitale régionale de la mode durable, créative et accessible.
- 📜 Charte d’enseignes responsables avec indicateurs publics
- 🏛️ Achats publics exemplaires (durabilité, réparabilité, proximité)
- 🎓 Formations courtes en retouche et upcycling
- 🎟️ Pass Réparation et résidences d’artisans
- 📊 Observatoire local du textile avec données trimestrielles
| Action 🚀 | Partenaires 🤝 | Indicateur clé 📊 | Impact attendu 🌱 |
|---|---|---|---|
| Charte enseignes | Ville + bailleurs | % fibres durables | Offre plus responsable ✅ |
| Achats publics | Mairie + Métropole | Taux de réparabilité | Effet d’entraînement 🧲 |
| Formations | CFA + pros | Jeunes formés/an | Emplois locaux 👩🏭 |
| Pass Réparation | CCAS + artisans | Pass utilisés | Pouvoir d’achat 💶 |
En misant sur la cohérence entre discours et actes, Dijon peut transformer une polémique en moteur d’innovation locale.
Pourquoi l’ouverture de la boutique Shein à Dijon suscite-t-elle une opposition locale ?
Associations, syndicats et commerçants pointent la surproduction, l’empreinte environnementale et le manque de transparence sociale du modèle de fast fashion. Ils craignent aussi un effet d’ancrage prix nuisible aux acteurs locaux.
Le report de l’ouverture signifie-t-il un abandon du projet ?
Non. Le report a été justifié par des travaux complémentaires. Les collectifs voient plutôt une réaction à la mobilisation et maintiennent leurs actions en attendant d’éventuelles décisions judiciaires.
Quelles alternatives concrètes existent à Dijon pour s’habiller autrement ?
Friperies, créateurs locaux, ateliers de retouche et d’upcycling, marchés aux vêtements, boutiques solidaires. Des parcours « seconde main » et un éventuel Pass Réparation peuvent faciliter le passage à l’acte.
Comment les habitants peuvent-ils participer sans manifester ?
Ateliers de réparation, achats responsables, soutien aux artisans, signature de pétitions, participation aux réunions publiques et aux stands d’information des collectifs.
Les pouvoirs publics ont-ils des leviers pour réguler ces implantations ?
Ils peuvent conditionner certains emplacements via des chartes locales, orienter les achats publics, soutenir la réparation et encadrer la logistique urbaine. Les procédures judiciaires relèvent, elles, des juridictions nationales.
Fils d’artisan, Pierre valorise la gastronomie, le vin et les traditions locales. Son écriture sincère transmet la fierté et la simplicité de la Bourgogne.

Comments are closed